Mama Laterre
29 Jan 2021

Entretien avec un passionné de photographie d’oiseaux à l’île Maurice

 

Notre invité cette semaine est Jacques de Spéville, photographe de la vie sauvage, spécialement celle des oiseaux en libertē. Leurs plumages, les uns plus beaux que les autres n’ont pas de secret pour lui !  Les faire découvrir dans toute leur splendeur est un partage humble et authentique.

 

Comment avez-vous découvert votre passion pour la photographie et des oiseaux surtout ?

Ce sont les safaris-photos que j’ai eu l’occasion de faire en Afrique du Sud à partir de 2005 qui ont suscité en moi le goût pour la photographie de la faune sauvage. En prenant ma retraite en 2010, ce loisir s’est transformé en passion, grâce au temps dont je disposais à cette nouvelle étape de ma vie.

 

A l’île Maurice comme à Rodrigues, la faune sauvage est relativement restreinte, néanmoins les oiseaux offrent un potentiel intéressant pour la photographie. J’ai débuté en photographiant les espèces les plus communes. Puis en me renseignant sur l’habitat des espèces d’oiseaux endémiques de ces îles, j’ai eu la chance de rencontrer le Dr. Vikash Tatayah, Directeur de la Conservation à la Mauritian Wildlife Foundation. Ce dernier m’a proposé de me joindre à l’équipe comme photographe volontaire. Cela m’a permis d’une part, d’aider cet organisme en lui fournissant des photos pour différents besoins, et d’autre part, d’avoir plus facilement accès à l’habitat d’oiseaux endémiques que je voulais photographier. Je parcourais les deux îles avec pour objectif de photographier également les espèces d’oiseaux indigènes, migratoires et exotiques.

 

Quelles sont les qualités prioritaires qu’il faudrait dans un premier temps posséder pour donner libre cours à votre passion ?

La photographie d’oiseaux demande beaucoup de patience et de persévérance, tout en étant passionné de nature et de photographie.

 

Quel est le moment opportun pour vous de vous adonner à votre passion et à quelle fréquence ?

Un des paramètres les plus importants en photographie c’est la lumière. En règle générale c’est pendant la matinée et l’après-midi que celle-ci est la plus favorable. Il faut aussi tenir compte des habitudes des oiseaux qui sont généralement plus actifs tôt le matin et dans l’après-midi. La fréquence est très variable dépendant du temps, des opportunités, de la motivation…

Comment partagez-vous ce qui vous avez reçu comme don, parce que c’est un don que de pouvoir faire d’aussi beaux tirages ?

Je répondrai à votre question en deux temps :

 Arriver à faire de belles photos d’oiseaux n’est pas qu’une simple question de don, même si cela demande à priori certaines aptitudes.

 

 Il faut beaucoup de travail pour arriver à maîtriser les différentes composantes de la photographie d’oiseaux comme par exemple :

  1. Faire attention de bien choisir son équipement photo, apprendre à le connaitre à fond et apprendre à faire les réglages adaptés aux conditions au moment de la photo.
  2. Apprendre à éditer ses photos en utilisant un logiciel comme Photoshop ou équivalent.
  3. Apprendre à mieux connaitre et surtout à respecter l’habitat et les habitudes des oiseaux qu’on veut photographier.
  4. Comme pour le sport et beaucoup d’autres domaines, il faut pratiquer sans cesse pour se perfectionner. Beaucoup de personnes pensent à tort qu’il suffit d’avoir un ‘bon appareil à photo’ pour pouvoir faire de bonnes photos.

 

Y a-t-il des associations nationales ou internationales auxquelles vous vous êtes associées / ou avec lesquelles vous avez des affinités par rapport à votre passion?

Comme je l’ai dit plus haut, je fournis beaucoup de photos à la Mauritian Wildlife Foundation pour leurs différentes publications, site web …

J’ai publié un livre sur les oiseaux de Maurice et de Rodrigues. Le livre est en vente dans la plupart des librairies et des supermarchés de l’Ile.

Je collabore avec le ‘African Bird Club’ en postant sur leur site web ‘African Bird Club Image Database’ (Afbid), les photos de toutes les espèces d’oiseaux que j’ai pu photographier à Maurice ou en Afrique, et en leur fournissant des photos pour les bulletins et autres publications.

Je reçois régulièrement des demandes (locales et internationales) de toutes sortes pour des photos d’oiseaux et aussi de chauve-souris, comme par exemple : articles de presse, magazines, bulletins scientifiques, livres d’oiseaux, guides touristiques, thèse d’étudiants sur une espèce particulière, posters.

Depuis quelques mois je partage beaucoup de mes photos sur des pages spécifiques Facebook.

 

Avez-vous un projet d’avenir immédiat que vous souhaiteriez partager avec nos lecteurs ? Si oui, lequel ou lesquels ?

Pas de projet immédiat, mais je souhaite de tout cœur que la situation sanitaire mondiale s’améliore suffisamment en 2021 afin que je puisse reprendre l’avion en sécurité vers certains pays d’Afrique pour rechercher et photographier d’autres espèces d’oiseaux.

 

Quelle est votre plus grande satisfaction par rapport à votre passion ?

C’est d’avoir pu apporter ma contribution, si petite qu’elle soit, à la sauvegarde des espèces d’oiseaux et de chauve-souris endémiques de Maurice et de Rodrigues, mais aussi d’avoir pu faire découvrir, à travers mes photos, ces mêmes espèces à de nombreuses personnes.

 

Nos remerciements les plus chaleureux à notre sympathique invité que nous remercions pour son temps et pour le plaisir partagé. Restez connectés pour les prochains entretiens.

 

Lza M Natur

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