Culture & Tradition
26 Jul 2019

Ile Maurice : La kermesse de Chamarel ou Fancy-fair

 

Le dernier dimanche du mois de juillet se célèbre chaque année une messe dans la cour de l’église Saint-Anne à Chamarel, village très populaire nommé d'après Charles Antoine de Chazal de Chamarel, qui vivait dans la région vers 1800 à l’île Maurice. Saint-Anne est la mère de la Vierge Marie dans la tradition chrétienne. Sa statue devant l’église du village construite en 1876 ne passe pas inaperçue.

 

Une fois les célébrations terminées, s’ouvre la kermesse. Le mot kermesse nous vient du mot neérlandais ‘Kerkmisse’, ‘Messe de l'église’ C’est ainsi que dans certains pays d’Europe : Belgique, France, Luxembourg et en Suisse romande, la kermesse désigne cette fête paroissiale, patronale, de bienfaisance ou une foire annuelle. Ici, nous l’appelons communément le ‘Fancy-Fair’.

 

Le Fancy-Fair de Chamarel attire la plus grande foule venant des quatre coins du pays, car c’est là que les bonnes affaires se font. Déguster des mets typiquement mauriciens, tels qu’un salmi de cochon marron (sanglier), un civet de cerf, de lièvre ou entre autres un délicieux curry de poulet fermier est une recommandation. A Chamarel, c’est l’authenticité assurée et le reflet d’un métissage d’une île plurielle. Certains en profitent ce jour-là pour visiter aussi des sites incontournables : le Curious Corner, les Terres de Couleurs, le Ebony Forest ou encore Lavilleon Nature Reserve.

 

De nature curieuse, je me suis rendue pendant plusieurs années à ce ‘Fancy Fair’, et j’ai toujours été agréablement surprise par les échoppes. Mais celles devant lesquelles je m’arrête automatiquement, sont celle des religieuses et celle tenue par une dame d’un certain âge, que j’appellerai Mamie, où pour une vingtaine de roupies, l’on retrouve ses surprises, qu’elles soient pour dames, hommes, garçons ou filles.

 

D’année en année, j’ai vu Mamie prendre des rides, mais elle a toujours un sourire et un calme qui ne la quittent pas. Elle me dit ne prélever aucun cachet de ses ventes, qu’elle remet aux organisateurs. Elle a une dévotion particulière à Saint-Anne qui, me dit-elle, l’a maintes fois sauvée, ne jouissant pas d’une santé de fer.

 

Ainsi, elle commence à coudre des mois auparavant, des petits oiseaux à partir du tissu que les bénévoles lui donnent. Puis elle confectionne aussi toujours à partir des tissus que les gens lui refilent des napperons qu’elle rebrode à la main, des descentes de lit, des sacs, des coussins, des poules qu’elle rembourre et qu’elle installe dans des paniers en papier de journaux et qui font le bonheur des enfants. Elle appelle des draps en patchwork ‘des tapis-mendiants’, car il lui faut me dit-elle coudre plusieurs petits rectangles, les assortir pour donner un ‘look’ à son travail créatif.

 

Il faut éviter tout gaspillage. Toute chose peut être recyclée. C’est ainsi que se font les économies et qu’on pourra sauver la Terre.

Au Fancy -Fair de Chamarel, le salon de thé propose une variété de pâtisseries les unes plus délicieuses que les autres. Les confitures ‘bio’ faites-maison, offertes bénévolement par les habitants du coin et de la région de Rivière Noire s’achètent pour quelques roupies. Celle que je préfère est à base de papayes ‘solo’, parfumée à la gousse de vanille.

 

Le côté folklorique en musique locale est toujours une découverte : des chants et des danses interprétés par les villageois ou ceux venus des régions avoisinantes, un orchestre choisi qui commence à jouer vers les 15 heures encourage les applaudissements. Des centaines de personnes se rassemblent alors autour du podium et se laissent transporter par cette musique et l’ambiance festive.

 

A l’extérieur, il y aussi foule. Plusieurs marchands proposent des vêtements et des objets hétéroclites aux prix réduits. Ici et là, des barbecues s’improvisent et ceux qui quitteront le ‘Fancy-Fair’ tardivement ne manqueront pas d’acheter leur repas du soir.

 

Que ce soit les mauriciens ou les visiteurs de passage, ceux qui se rendent au Fancy Fair passent de moments forts agréables et cette journée en altitude devient alors une journée dont ils se souviennent. Chamarel est et demeure un site incontournable de notre belle île Maurice. Mon plus grand souhait est que perdure la tradition d’organiser cette’ kermesse’ ou Fancy-fair dans les hauts au mois de juillet chaque année.

 

Lza M Nature

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