Mama Laterre
11 Apr 2019

Pique-nique à Plaine Champagne : Les Goyaves !

 

‘L’avenir’, dit-on, ‘appartient à ceux qui se réveillent tôt’. Un bon plan en ce début d’avril est de se rendre à Plaine Champagne à l’île Maurice, à quelques 600 mètres d’altitude afin de cueillir des goyaves de Chine qui abondent dans cette région. Les paniers pique-nique préparés, nous allons à la découverte des forêts faisant partie du Parc National couvrant une superficie de 6574 hectares, là où résident plus de 309 espèces de plantes et 9 espèces d’oiseaux endémiques.

 

Quittant le réservoir de la Mare aux Vacoas, une envie de nous arrêter pour sentir cette merveilleuse odeur de pins frais, là où le territoire a été aménagé, nous fait titiller.  Mais les goyaves attendent. La voiture garée, nous prenons nos petits paniers et nos bols. Munis de ‘gaulettes’, perches flexibles, nous voilà déjà sur les sentiers au milieu d’une végétation dense. Pas question de nous éloigner les uns des autres, car la recommandation est bel et bien de rester groupés.  C’est à qui voudrait en cueillir le plus et les plus belles.

 

Je me permets donc le loisir de les choisir en les disposant sans les écraser, car ces goyaves de Chine seront dégustées et partagées avec les voisins, en signe de convivialité. Comme chaque année, je prendrai ensuite le temps d’en faire une bonne confiture que je disposerai entre deux biscuits à pâte sablée de mon gâteau préféré qu’est le napolitain, nappé de sucre glace.  C’est cette confiture originale qui donne au napolitain sa délicatesse. J’aime aussi les goyaves de Chine avec du sel et du piment ou encore en coulis et vinaigrette.

 

Le goût, me demanderez-vous ? Il est fort agréable, rafraîchissant à souhait, sucré à pleine maturité, légèrement acidulé et la saveur rappelle celle de la fraise des bois. La pulpe est blanc-crémeux de texture fondante et juteuse.

 

Mais au fait pourquoi la Goyave de Chine et non pas seulement ‘goyave’ ? Quelle est la relation avec la Chine ? L’arbuste est originaire de la côte Est du Brésil. Il est désigné comme le Psidium chinense et a été importé en Chine Méridionale à une époque très reculée. L’écorce est lisse, rosâtre à verdâtre, se détachant par plaques.  Il existe trois variétés de goyaves de Chine : la rouge, la jaune et la ‘gargoulette’. La plante ici s’est propagée rapidement par les oiseaux, les singes, le cochon marron et l’homme. Elle a aujourd’hui envahi nos forêts, gênant ainsi la régénération des espèces indigènes.

Le pique-nique dans les hauts au milieu d’une végétation luxuriante est devenu traditionnel, car il est associé à des sorties et des rencontres familiales. Cueillir la goyave de Chine est donc synonyme de ‘fête’ et de sortie ! Ce pique-nique dans les hauts ne saurait se faire sans un bon déjeuner disposé sur une ‘natte’ en Vacoas, famille des Pandanus, provenant d’un artisan local. Là, revigorés par la marche dans la forêt et ayant respiré à pleins poumons l’air pur de l’altitude, l’estomac se creuse. Pains, fromage, saucissons, poulet rôti, salade verte, jus, thé et bien sûr les napolitains …tout y est ! Nous voilà après quelques deux heures de cueillette, assis en pleine discussion racontant nos anecdotes de ces sorties de l’année en groupes. Petits et grands s’en donnent à cœur joie. C’est le plaisir de se laisser aller et de profiter du temps qu’il fait.

 

Je m’interroge quant à l’idée de créer un vrai ‘festival de goyaves de Chine’ où chaque participant serait appelé à être sensibilisé sur la soutenabilité de l’environnement, des espèces à protéger, des plantes envahissantes et à la conservation des forêts. Cueillir les goyaves et en faire bon usage, c’est réduire leur propagation et ainsi permettre à des indigènes et des endémiques de reprendre possession de leur territoire. C’est une option !

 

La cueillette des goyaves de Chine vaut la peine que l’on y participe au moins une fois l’an.  Un petit conseil aux non-initiés : attention ! Si vous ne les cueillez pas au moment opportun, elles seront trop acides et vous feront alors plisser des yeux de par leur acidité. Allez … faisons appel à l’expertise : celle des marchands qui ne s’en priveront pas pour vous conseiller !

 

Eux, ils les cueillent puis les vendent dans une malle sur leur vélo dans les rues de Curepipe et les zones éloignées. Il en reste toujours pour les amoureux de la nature et des espaces verts entre les mois d’avril et début mai. Pour ceux qui en raffolent, le plein de Vitamine C est vite fait.

 

Pique-nique un jour, Pique-nique toujours ! Vive les forêts et Vive l’enthousiasme de s’y rendre en prenant bien soin de rester dans les sentiers conseillés et connectés-non pas au portable, mais à la nature !

 

LzaM Natur

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